Face à la fragilité chronique des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) malgré la multiplicité des guichets d'appui publics, l'Agence de développement des TPME (ADTPME) amorce une restructuration majeure de l'écosystème togolais. Rencontre à Kara avec KOLOU Tchaa, coordonnateur de l'agence des régions des Savanes et de la Kara, qui détaille les nouveaux leviers d'un accompagnement axé sur la durabilité, la création d'emplois et la contribution fiscale.

 

Un constat alarmant : le défi d'une rentabilité et d'une résilience durables

Au Togo, les initiatives publiques d'appui au secteur privé n'ont pas manqué ces dernières années. Pourtant, le bilan opérationnel sur le terrain demeure contrasté. Si de nombreuses structures émergent, un constat amer s'impose : beaucoup peinent à résister aux chocs économiques et manquent de viabilité à long terme.

Cette précarité nuit à la dynamique globale du marché et limite l'impact des investissements consentis par l'État. De plus, le retour sur investissement social et financier reste peu perceptible pour la puissance publique, restreignant sa capacité à recycler durablement ses fonds d'accompagnement.

 

L'ADTPME : Coordonner et harmoniser un écosystème morcelé

C'est pour corriger ces incohérences structurelles qu'a été amorcée la mutation institutionnelle ayant conduit au passage de l'ancien dispositif (FAIEJ) vers l'ADTPME. Issue d'un diagnostic approfondi, cette transformation vise à centraliser, harmoniser et coordonner l'ensemble des mécanismes publics d'accompagnement.

L'objectif central consiste à bâtir des synergies réelles entre les différents dispositifs d'État afin d'éviter les doublons et d'offrir un parcours fluide aux entrepreneurs. En instaurant cette complémentarité stratégique, l'agence entend garantir que chaque franc injecté produise un impact mesurable sur l'économie nationale.

« Le défi aujourd'hui est d'accompagner durablement les entreprises pour qu'elles puissent non seulement créer des emplois décents pour la jeunesse, mais aussi contribuer activement à l'assiette fiscale de l'État. »

KOLOU Tchaa, Coordonnateur des régions des Savanes et de la Kara de l'ADTPME

 

Impulsion régionale et soutien ciblé : La dynamique PAJEC

Bien que la réorganisation institutionnelle de l'ADTPME soit toujours en cours de finalisation, l'action opérationnelle sur le terrain ne marque pas le pas. Dans la région de la Kara, l'agence déploie déjà des projets structurants à fort impact territorial.

ZOOM SUR LE PROJET PAJEC : L'EFFET DE LEVIER DES AGRÉGATEURS

Le projet PAJEC cible la sélection et l'accompagnement d'au moins 50 entreprises structurantes. L'objectif est de leur apporter un renforcement de capacités sur-mesure et des financements adaptés. En contrepartie, ces entreprises « leaders » ont pour mission de tracter les plus petites entités de leur secteur via le développement de clusters et de chaînes de valeur collaboratives.

Cette approche par chaîne de valeur permet de consolider le tissu économique local et d'assurer un transfert effectif de compétences vers les très petites structures rurales et semi-urbaines.

 

Dialogue public-privé : Résoudre les inquiétudes du terrain

L'ADTPME mise également sur une proximité renforcée avec les acteurs économiques de la région. Lors d'échanges récents organisés dans le cadre de concertation régionaux (notamment à l'occasion d'événements comme les CJES en région de la Kara), les responsables de l'agence sont allés à la rencontre des porteurs de projets.

Ces espaces de dialogue direct ont permis de présenter l'offre de service renouvelée de l'agence, d'apporter des réponses immédiates aux préoccupations des entrepreneurs et d'orienter ces derniers vers les guichets régionaux compétents. Pour la direction régionale de l'ADTPME, ce lien direct avec le terrain est le préalable indispensable pour bâtir des entreprises fortes, créatrices d'emplois décents pour les jeunes et contributrices nettes au budget national.

 

Source & Références : Déclarations recueillies lors de la 4e édition du Forum des Jeunes Entreprises et Startups (CJES) à Kara.

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la rédaction